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Auteur : | 2018
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C’est encore une rentrée scolaire, la cinquième et c’est encore la fin d’un voyage qui s’amorce.

Dans tout cela il y a beaucoup d’émotions.

Car encore un petit bout de chemin ensemble qui nous amènera à ce carrefour, ce carrefour où certains prendront une direction et d’autres une autre.

Nous avons comme exemple Asha, qui est enceinte jusqu’au cou, nous devrions avoir la chance de voir son bébé l’accouchement est prévu pour ces jours-ci. Je n’aurais jamais imaginé cela quand Asha a démarré l’aventure avec nous, c’est vrai qu’elle était haute comme ‘4’ pommes en ce temps-là.

Nous l’avons rencontrée fin février quand nous sommes rentrés de Vârânasî, elle est devenue différente, la communication est limitée, le sourire n’est plus le même, je ne saurai jamais si elle est heureuse ou pas, ses émotions sont emmurées en elle. Je ne peux qu’espérer qu’elle  fasse sa route sans trop de soucis avec sa petite famille. On va encore dire que « c’est comme ça ».

Donc le troupeau !!

Dans le groupe d’enfants certains auront le niveau pour rentrer au collège et d’autres avec des résultats plus faibles resteront sur le ponton, à marée basse. Les résultats montrent bien leurs différents niveaux.

Nous sommes de nouveau devant des questionnements que nous avions au moment où Asha peinait à l’école, qu’elle s’y ennuyait  et qu’elle était plutôt douée pour les choses manuelles. Nos recherches n’ont pas porté leurs fruits en ce temps-là. Nous allons repartir à la pêche d’informations. La pêche est le bon mot, le poisson se fait rare dans les filets du golfe du Bengale, la pollution, la pêche intensive, l’élevage en eau douce, beaucoup de raisons pour que les filets restent vides. Cela ressemble beaucoup à notre pêche à l’information sur des écoles où seraient enseignés des métiers dits manuels, ben comme les filets, les questions sont vides de réponses. Ne baissons pas les bras, nous sommes tenaces donc nous allons insister pour en savoir un peu plus, à suivre.

En fin de semaine dernière, la remise à neuf des uniformes à la boutique « spécialisée » de Brahmapur, deux autos rickshaw étaient nécessaires, celle de notre ami Joga, et une d’un pote à lui, hé oui c’est une petite expédition « quind même ! » comme dirait ma petite Adèle. Tout le monde est content de sa nouvelle tenue.
 
 
 La rentrée scolaire c’était hier le 2 avril.
 

Ce matin, nous sommes le 3, je vais à l’école pour faire une petite photo traditionnelle, la dernière dans cette école. Le rendez-vous était pris avec Waneshri qui habite le plus près de notre logement, nous avions décidé de faire la route ensemble jusqu’à l’école. A 6h 30 pétante, elle était dans le jardin de notre guest house.

 

 
 

 

Chemin faisant nous avons rencontré Manisha qui était à la petite boutique du coin de sa rue, nous avons continué notre chemin dans le boxon des ruesdu village des pêcheurs qui sont un peu en chantier va-t-on dire, certaines familles ont reçu des subventions, ils essayent d’apporter un plus dans le tout petit confort de leur petite maison, mais c’est difficile d’expliquer le bordel que cela peut produire, avant ce n’était déjà pas si facile d’accès, beaucoup d’ordures et de problèmes d’écoulement des eaux usées, plutôt stagnantes d’ailleurs, la commune pense faire évoluer la chose, mais l’évidence du progrès se fait attendre depuis le temps.
Revenons donc une fois de plus à nos moutons.
Nous avons trouvé Puja en pleine séance coiffure sur l’arrière de sa maison qui donne dans la rue.
 

Sa grande-sœur la peignait avec beaucoup de gentillesse, témoin d’un petit moment bien émouvant.

Petit clin d’œil à la petite sœur de Ganesh...


Nous sommes arrivées à l’école (fraîchement repeinte) où nous attendaient Rajeswari, Sravani et Swati toutes contentes. Nous avons pris donc cette fameuse photo.
 
 

Srinu était absent pour des raisons pas très claires et Ganesh je l’ai raté à l’entrée de l’école et après il était en classe. Soit.

Rencontre du prof de maths, discussion pas évidente avec lui, les enfants n’ont pas un niveau très élevé en maths, j’essaye de dire au prof qu’il doit les pousser un peu, les aider à comprendre, d’expliquer davantage, a-t-il compris un peu le sens de mon propos ? Mystère, il ne parle pas vraiment anglais, le mien étant quand même basique, la conversation s’est arrêtée à un échange de sourires, bon ce n’est déjà pas si mal.

Samedi j’aimerais retourner à Saraswati, les enfants seront en uniforme blanc, samedi commence par une « Puja » encore une tradition, mais les filles sont tellement mignonnes.
 
 

Nous, je dis nous, pour parler de l’association et de ses participants qui nous encouragent et nous aident à être actifs sur le terrain. Nous avons deux autres enfants qui ont rejoint la troupe depuis avril 2017. Shriram,5 ans le fils de Loko et de Boby et Nikita qui a 7 ans et demi.

Vous connaissez Loko et Boby, ils reçoivent de l’association 3000  Rps par mois pour leur aide et leur participation aux projets depuis le début de l’aventure. Loko assure la communication entre les enfants, les parents et moi.

Shriram qui est en âge d’aller à l’école depuis l’année dernière, les frais de sa scolarisation sont pris en charge par l’association.
 

Nikita est la fille de Kamaraj  que je connais depuis une quinzaine d’années. Kamaraj et sa femme ont un fils de 12 ans qui est handicapé, problème au cerveau, après avoir rencontré divers professeurs, peu d’espoir d’amélioration.  Ce garçon est sous traitement permanent et coûteux. Aider  Kamaraj  pour la scolarisation de Nikita lui donne plus d’aise pour assurer le traitement médical de son fils.

Shriram et Nikita sont à l’école « Médium English School », qui a comme spécialité d’enseigner en hindi et en anglais, c’est très positif pour les enfants. En 2014  quand nous avons décidé de scolariser nos sept filles et Srinu, l’accès à cette école n’a pas pu être possible car les enfants avaient commencé leur scolarité cinq ans auparavant à l’école du gouvernement qui n’enseigne que dans la langue  du district, c'est-à-dire l’Odiya, à neuf ans l’accès à l’école Medium School n’est plus possible, le seul moyen d’ y rentrer c’est de commencer en petite section de maternelle…Voilà comment on peut encore dire « C’est comme ça ».

L’année prochaine, Ganesh sera le seul enfant scolarisé à Saraswati, j’imaginais l’inscrire à l’école de Shriram et Nikita. Mais je pense me retrouver devant le même problème n’ayant pas pris le train au départ le prendre en marche semble impossible, il serait en plus largué, donc pas de regret. Ganesh a une petite sœur, aurait-elle ses chances ? Peut-être l’année prochaine. Beaucoup de questions.

Dans un autre contexte, une autre petite histoire à vous raconter. Dans un village proche, Korapalli pour le nommer une femme non mariée, a décidé depuis cinq ans d’accueillir des enfants orphelins et des enfants de parents très pauvres, qui ne peuvent assurer « l’existence » de l’enfant. Cette dame s’occupe de dix filles, dans son petit deux pièces. Elle reçoit quelques aides, mais bon c’est toujours l’incertitude pour elle. Les enfants ont une belle attitude et une éducation de groupe avec une entraide assez remarquable.

 

La plus âgée à quatorze ans et la plus jeune six. Nous avions fait la connaissance de ce petit monde l’année dernière, cette année nous décidons de donner une petite aide de dix mille Roupies à cette maman de « deuxième main » qui a un beau courage, une belle énergie. Petit don qui sera nous l’espérons bien employé. ( ?)

Je vais quitter mes pensées, mes questionnements et revenir à mes moutons. Il nous reste huit jours, ici à Gopalpur le 13 retour Delhi, trois jours avec notre pote Philippe et retour dans la nuit du 16 autant dire arrivée chez nous le 17.

Dimanche sera le dernier jour pour l‘atelier de peinture avec les enfants, nous tâcherons de donner le meilleur dans la joie et la bonne humeur, avec un petit pincement au cœur ça va de soi.